A6-A10, 2006.

Le non-lieu des bordures d’autoroutes voit sa perception totalement conditionnée par un mode d’appréhension unique : celui du voyageur dans son véhicule à une certaine vitesse imposée. Le paysagisme opéré sur les ourlets de terre qui jonche de part et d’autre la route ne vise qu’à embellir et formater nos trajets quotidiens. Ce paysage constitue un écran entre le non-lieu engendré par l’autoroute et le territoire qu’elle traverse. Inaccessible, cosmétique, le paysage autoroutier compte parmi l’une des formes du paysagisme les plus contrôlée et réglementée. Le non-lieu n’est que la conséquence d’un aménagement d’intégration de l’autoroute dans un environnement transformé de manière radicale. Sa fonctionnalité le rend même dénué d’intérêt, et notre perception reste totalement impassible devant cette esthétique répétitive.